Transformer un garage en studio de radio
En 2022, le studio de radio de la SRF a déménagé sur le site de Leutschenbach, dans un ancien garage. Lors de la transformation, une approche de construction circulaire a été privilégiée, permettant aux nouveaux studios de consommer nettement moins d’énergie que les précédents.

La SRF a diffusé pendant 90 ans depuis les studios de radio du Brunnenhof à Zurich. Le bâtiment souffrait d’un défaut d’entretien, et tant la structure que les équipements radio avaient besoin d’être rénovés. En outre, les surfaces étaient de plus en plus surdimensionnées. Un changement s’imposait et il a ainsi été décidé de transférer les studios sur le site de Leutschenbach à Seebach.
Toutefois, le site de la SRF manquait de place pour un nouveau bâtiment. SRF Immobilien a perçu un potentiel de transformation dans une construction en béton de 1967, qui servait de halle à véhicules, de garage, d’atelier et d’entrepôt. Le choix s’est donc porté sur cette solution moins coûteuse et moins polluante: par rapport à une nouvelle construction, la SRF a économisé environ 20 % sur les coûts et a réduit ses émissions de CO2 d’environ 1100 tonnes. Une contribution importante à la réalisation des objectifs climatiques de la SSR.
Les nouveaux studios de radio
Le nouveau Radio Hall est impressionnant: la façade a été isolée de l’intérieur afin de conserver à l’extérieur le caractère de la construction en béton. Grâce à une bonne isolation et à la récupération des rejets de chaleur des installations de ventilation, un apport minimal via le réseau de chauffage à distance est suffisant. La salle événementielle «LIVE STAGE» est chauffée de manière ciblée par la ventilation, uniquement lors des événements. Les autres locaux sont alimentés en chaleur et en froid au moyen de panneaux suspendus. Les grandes surfaces à triple vitrage équipant la façade et le toit apportent beaucoup de lumière naturelle, ce qui permet de réduire la consommation électrique pour l’éclairage artificiel et de générer des gains solaires pendant les mois d’hiver. En été, des stores extérieurs à commande automatique, installés devant les fenêtres et au-dessus des verrières, réduisent la surchauffe due au rayonnement solaire ainsi que les pertes de chaleur pendant les nuits froides.
Des galeries sont aménagées au deuxième étage du bâtiment, créant une impression d’espace généreux. L’entreprise se contente aujourd’hui d’un quart de la surface dont elle disposait auparavant. L’architecture intérieure invite à l’échange et à la coopération, un aspect intégré dès la conception de l’aménagement et aujourd’hui mis en oeuvre avec succès. Les réactions des collaboratrices et collaborateurs sont positives.
Sur l’ensemble de l’approvisionnement énergétique, les coûts d’exploitation sont inférieurs à ceux de l’ancien bâtiment du Brunnenhof, notamment grâce à une phase d’optimisation de l’exploitation durant la première année, au cours de laquelle des économies d’énergie supplémentaires ont été réalisées. L’équipe a ajusté les réglages de température, les quantités d’air, les courbes de chauffage, le refroidissement ainsi que le contrôle de la lumière en fonction de la position du soleil.
Transformer plutôt que construire
En optant pour une transformation au lieu d’une nouvelle construction, la SRF a réduit les coûts de près de 20% et diminué sensiblement les émissions de CO2. Une mise en œuvre minimale de béton neuf et la réutilisation du mobilier ont permis d’économiser 1100 tonnes de CO2.

Au total, moins d’énergie grise a été générée. L’ancien bâtiment était en bon état et la structure porteuse a été conservée, évitant des frais de planification, des vérifications relatives au droit de la construction, des expertises géologiques et autres. La construction circulaire comprend la cession ou la vente des éléments de construction devenus inutiles. Lors de l’acquisition, la réutilisation est privilégiée. Portes, portails, armoires, radiateurs soufflants, éléments métalliques, installations sanitaires, dalles de sol, cuisines, etc. ont ainsi pu être vendus ou cédés à plus de 80 parties en vue de leur recyclage. Outre l’impact écologique, cette approche a également contribué à réduire les coûts liés à l’élimination.
Le chef de projet de SRF Immobilien, Lukas Marti, s’est engagé dès le départ en faveur de la transformation, même si elle impliquait pour son équipe et lui-même un surcroît de travail par rapport à une nouvelle construction. Ce projet a exigé d’importants efforts de coordination, la mise en place d’une équipe interdisciplinaire et une volonté commune en faveur de la construction circulaire: «Mais en fin de compte, cela en vaut la peine, tant sur le plan financier qu’écologique», souligne Lukas Marti, qui entend bien continuer à miser sur la construction circulaire.
Interview de Lukas Marti sur la construction circulaire
Interlocuteur au sein de la SRF pour la construction circulaire, architecte, généraliste

Dans ce projet, pourquoi avez-vous opté pour une transformation plutôt que pour une nouvelle construction?
Lukas Marti La construction circulaire apporte des avantages financiers et écologiques, comme le montre ce projet. Mais cela ne va pas encore de soi. Pour l’instant, nous avons besoin de personnes qui, par conviction, veulent construire durablement et s’engagent en ce sens. Durant la phase de planification, les discussions ont été animées: nouvelle construction ou transformation? Nous avons dû transmettre beaucoup d’informations et convaincre au moyen de visualisations pertinentes. Au début, personne ne s’imaginait qu’un garage puisse se transformer en studio de radio, d’autant plus qu’il n’offrait en réalité qu’un quart de l’ancienne surface. Mais la SSR est très attachée au développement durable. C’est la raison pour laquelle le maître d’ouvrage s’est finalement tourné vers la transformation. Nousmêmes et la branche en avons tiré de nombreux enseignements.
La cession d’éléments de construction est-elle courante?
Malheureusement, cela reste marginal et peu de prestataires proposent actuellement la réutilisation en tant que service. La volonté est là, mais comme la construction circulaire n’en est encore qu’à ses premiers balbutiements, elle repose davantage sur de l’idéalisme que sur un modèle commercial établi.
Comment avez-vous obtenu tous ces éléments de construction de seconde main?
En partie par des recherches ciblées, en partie par hasard, comme la scène. Le responsable de nos équipements a été informé par une circulaire électronique que la Maag Halle souhaitait céder son inventaire – un coup de chance. La scène d’occasion était en excellent état et ne coûtait qu’un tiers de sa valeur à neuf. Nous avons trouvé beaucoup d’autres solutions intelligentes grâce à notre persévérance.